mardi 7 avril 2009

Le salon du meuble italien "Saloni Milano" ouvre ses portes

L’une des plus fameuses expositions mondiales du meuble et du design d’intérieur, Saloni Milano, ouvrira ses portes du 22 au 27 avril prochains.

Salon du meuble italien "Saloni Milano"

Lieu incontournable des plus grands designers mondiaux, la 48ème édition du salon de Milan donne l’occasion de découvrir les créations qui feront les intérieurs de demain.
De nombreux designers, comme Tacchini et Claudio Colucci seront sur place pour présenter leurs nouveautés.
C’est l’évènement attendu par les designers du monde entier. Le salon de Milan dévoile chaque année des créations innovantes, surprenantes et futuristes.
C’est l’endroit idéal pour dégager les tendances du monde du mobilier.
Sur une surface de plus de 200.000 m², le Salon de Milan promet, cette année encore, un programme bien rempli avec près de 350.000 exposants présents sur différents mini-salons, et dont plus de 200.000 viendront spécialement de 160 pays étrangers.

Les aficionados du design pourront assister au Salon International du Meuble associé au Salon International du Complément d’Ameublement mais aussi à la 18ème édition de l’Eurocucina qui dévoilera toutes les possibilités d’ameublement des cuisines futures.
Pour les meubles de bureau SaloneUfficio proposera toujours une large palette de meubles et accessoires.
Enfin, les visiteurs pourront toujours compter sur le Salon International de la salle de bain ainsi que sur le SaloneSatellite qui lève le voile sur des prototypes de meuble achevés par de jeunes designers.

Du côté des designers présents
Tacchini renouvelle sa collaboration avec le designer Christophe Pillet. L’an dernier, durant le Salon de Milan, les partenaires avaient dévoilé le fauteuil Mayfair.
Cette année, c’est le canapé Mayfair qui fera l’objet de toutes les attentions lors sa présentation en avant-première.
Claudio Colucci Design fera également le déplacement.
La marque franco-nippone présentera en collaboration avec la marque japonaise Kenwood mettront en scène une scénographie audio et visuelle élaborée autour du "Squeezophone 360°", une lampe haute technologie.
Salon de Milan
Du 22 au 27 avril 2009
Parc des Expositions de Rho
Site : www.cosmit.it

mercredi 1 avril 2009

Mamounia: les meubles aux enchères

Les meubles, services de table, décors et même les calèches de la Mamounia, palace mythiqueactuellement en totale rénovation, seront vendus aux enchères du 21 au 24 mai à Marrakech (Maroc),selon le commissaire-priseur chargé de la vente, Claude Aguttes.
L'hôtel ouvert en 1923, qui devrait rouvrir cet été ou à l'automne après trois ans de fermeture pour travaux, met en vente "99,5%" de ce qu'il contenait.
La vente aura lieu au Palais des Congrès de Marrakech et proposera quelque 5.000 lots d'une valeur globale estimée à 5,5 millions d'euros. Les pièces en vente sont estimées de quelques centaines à 2.000 ou 3.000 euros.
Des milliers de verres, d'assiettes ou de draps, des centaines de fauteuil, lampes, commodes, guéridons, buffets, pièces d'argenterie, etc, sont proposés. De style Art déco, hispano-mauresque ou classique français, ils datent des années 1970-1980.

Le catalogue peut être consulté sur lamamounia.com, avec un lien sur ces enchères. 400 lignes de téléphone sont prévus pour les quatre jours de vente, ainsi qu'un service de livraison. Les lots seront exposés les 19 et 20 mai.
Une deuxième série de vente de quelque 3.000 lots, avec des pièces en moins bon état ou plus banales, aura lieu trois semaines plus tard.
La Mamounia, palace mythique qui appartient à la Compagnie des chemins de fer marocains, a accueilli depuis sa création Winston Churchill qui y passait ses vacances d'hiver, Kirk Douglas, Charlton Heston, Omar Sharif, le couple Reagan, Nelson Mandela, Jacques Chirac, Caroline de Monaco, Alain Delon et des dizaines d'autres célébrités, ainsi que le tournage entre autres de "L'homme qui en savait trop" d'Hitchcock.
Il doit rouvrir avec un nouveau décor réalisé par l'architecte d'intérieur Jacques Garcia.

Un mobilier pensé pour durer

Table Horizon par Luigi Gorgoni en bois massif, vernis à l'eau, colle à l'eau dite vinylique, Roche Bobois, environ 2900 euros.
Table Horizon par Luigi Gorgoni en bois massif, vernis à l'eau, colle à l'eau dite vinylique, Roche Bobois, environ 2900 euros.

À l'heure où la préoccupation environnementale se fait de plus en plus forte dans les entreprises du secteur de l'équipement de la maison, une nouvelle tendance est promise à un brillant avenir : le retour au mobilier fonctionnel et intemporel.

L'ère des objets de récup en plastique recyclé semble bien révolue. Si les préoccupations vertes sont plus présentes que jamais dans l'univers domestique, l'heure n'est plus au bricolage «écolo-bobo» ni au militantisme. Le message martelé depuis plusieurs années par les défenseurs de l'environnement et de la santé semble désormais intégré par les différentes sociétés du secteur de l'ameublement. Du coup, le souci écologique n'est plus érigé en argument marketing mais devient une démarche normale, parfaitement assimilée à l'entreprise.

Chaise par François Azambourg.
Chaise par François Azambourg.

Chez Roche Bobois, l'un des principaux leaders du mobilier haut de gamme français, la démarche proenvironnementale a véritablement débuté en 2005 avec la sortie de la collection Legend. Le designer ­Christophe Delcourt y proposait des éléments de mobilier en chêne massif de Bourgogne, tous issus de forêts durablement gérées et n'utilisant aucune pièce de liaison. De plus, les pièces étaient assemblées avec des colles à faibles solvants. «Ce travail nous a initiés à l'écoconception et nous a familiarisés avec les bilans carbone, que nous avons effectués à chaque étape de fabrication pour réduire nos émissions a minima, explique Nicolas Roche, directeur des collections. Aujourd'hui, cette démarche est naturelle et constante.» Pour preuve, l'éditeur a repris ces dernières années l'ensemble de ses collections existantes et en a amélioré le profil. Il a ainsi supprimé les finitions aux solvants nocifs pour la santé et l'environnement et les a remplacés par des finitions aqueuses. Il a aussi proposé des laques réparables pour une plus grande durabilité. Chez Ikea, le géant suédois du meuble en kit, le ­propos est similaire. «Nous travaillons sur la responsabilité sociale et environnementale depuis les années 1980, explique Isabelle Cremoux, directrice des relations extérieures d'Ikea France. Nous optimisons le produit à chacune de ses phases, en utilisant par exemple 70 % de matières recyclables et en fabricant certains produits à partir des chutes d'autres.» Pour y parvenir, l'éditeur nordique mise sur sa collection événementielle Ikea PS (pour post-scriptum), dont il vient juste de lancer la nouvelle édition. «Cette collection nous sert de laboratoire de développement mais aussi de test auprès du grand public.»

Un modèle économique en mutation

Le processus passe aussi par une pression accrue sur les fournisseurs, priés eux aussi d'être plus «responsables». «Nous savons que les investissements sont très lourds, mais il est normal que nous soyons moteurs dans ce domaine et que nous demandions à nos partenaires de faire un effort», précise Nicolas Roche. «On pousse nos fournisseurs», confirme Isabelle Crémoux, tandis que les équipes d'Ikea «poursuivent des recherches en partenariat avec plusieurs laboratoires, travaillant soit dans notre secteur, soit dans des secteurs totalement différents». En la matière, ce sont les découvertes des industries automobiles et aéronautiques (secteurs qui bénéficient des primes à l'innovation les plus importantes, mais dont les normes environnementales à respecter sont aussi les plus strictes) qui semblent les plus intéressantes. À titre d'exemple, la société Renault investit 2 264 millions d'euros par an dans la recherche. Et comme ses concurrents, elle s'appuie sur un réseau de sous-traitants, tous engagés dans une bataille acharnée pour l'innovation. Peinture, mousses, textiles, autant d'éléments clés de l'automobile et de l'aéronautique dont les améliorations profitent également au mobilier. Exemple : la chaise Lin 94, présentée en exclusivité en janvier dernier sur le Salon Meubles Paris. Conçue par François Azambourg et fabriquée par la société Design Composites Solutions (dont le PDG est issu de l'industrie automobile), celle-ci intègre des fibres de lin naturel et de résine de lin recyclables à 94 %. Mais la véritable révolution verte provient désormais des nouveaux revêtements, dont les potentialités semblent infinies. «Chez Citroën, nous utilisons désormais des peintures à l'eau sans solvants, donc moins nocives, que notre recherche a mis plusieurs années à mettre au point et qui s'appliquent désormais au mobilier», explique François Duris, responsable recherche design, couleurs et matériaux de la firme automobile.

Meuble de rangement Ikea PS SINKA par Elhén Johansson. 249€.
Meuble de rangement Ikea PS SINKA par Elhén Johansson. 249€.

Pour autant, le tableau n'est pas totalement idyllique. Dans le domaine de l'écoconception, «tout le monde est croyant mais bien peu sont pratiquants», ironise Nicolas Roche. Quant au designer anglais Tom Dixon, il est pour sa part bien plus pessimiste. Selon lui, c'est le modèle global de production qui est obsolète du point de vue environnemental : «On fait produire les meubles à l'autre bout du monde, puis on leur fait traverser les océans, on les stocke et on essaie de les vendre, peut-être à l'autre bout du monde à nouveau. Le marché du meuble est totalement dépassé.» L'argument ecofriendly serait donc une duperie : «Je suis conscient que mon activité n'est pas totalement propre, tout particulièrement à cause de mes déplacements en avion pour promouvoir mes collections ou pour les faire produire en Asie par exemple.» Pour lui, une seule façon d'agir dans le sens du développement durable : «Encourager les gens à moins consommer.»

Une démarche qui fait de nombreux émules. Dans les prochaines années, le design fonctionnel et intemporel pourrait ainsi revenir en force et renouer avec les préceptes du Good Design et de la Gute Form. La nouvelle collection de Tom Dixon en témoigne déjà. Présentée au Salon du meuble de Milan le mois prochain, elle est baptisée «Back to Basics - Utility». L'objectif du designer est d'utiliser les matériaux les plus basiques et les plus primitifs pour démontrer des valeurs de longévité, de résistance et de poids à travers des meubles aux formes réduites et simples. Le retour au fonctionnalisme, battu en brèche depuis la fin des années 1960, apparaît désormais comme l'ultime moyen de lutter contre la surconsommation, donc pour le développement durable. Ses arguments : des produits de qualité, pratiques, indémodables et intemporels.

pouf en laine Christien Meindertsma. 1600 €.
pouf en laine Christien Meindertsma. 1600 €.

«S'éloigner radicalement du propos du Design Art»

Tel est d'ailleurs le propos de la nouvelle galerie parisienne Revolt's, qui prône un retour au formalisme et au fonctionnalisme avec des ­formes contemporaines. Son fondateur, Alexandre Popoff, a imaginé sa galerie comme une plate-forme à destination des architectes d'intérieur, des collectionneurs et du grand public, avec pour volonté de «créer des espaces à vivre qui repensent le design de manière fonctionnelle» et le souci de «concevoir les meubles pour ce qu'ils sont - des objets domestiques et utiles -, en s'éloignant radicalement du propos du Design Art.» Résultat : des meubles de designers pointus glanés aux quatre coins du monde (Christien Meindertsma, Martin Holzapfel, Ineke Hans…). À la fois désirables, utiles et de qualité, ces pièces sont parfois écoconçues - à l'image de la collection No Screw No Glue («pas de vis, pas de colle») du designer néerlandais Joost van Bleiswick -, mais pas nécessairement. Car la durabilité, l'intemporalité et la qualité militent parfois plus fortement en faveur de l'environnement que la seule écoconception. Ce Qualitätsdesign d'inspiration allemande (voir le Deutscher Werkbund, les Wiener Werkstätte ou le Bauhaus) énonce-t-il les principes d'un nouveau design responsable ? À quelques mois de l'immense exposition consacrée au Bauhaus par le MoMA de New York, le Salon du meuble de Milan, qui se tiendra à partir du 23 avril prochain, devrait déjà permettre d'y voir plus clair.

Quel visage pour la cuisine du futur ?

Cuisine en ébullition
G. Wicquart-Duthoit ©
Quel visage pour la cuisine du futur ?

A quoi ressembleront nos cuisines demain ? C’est la question qu’a récemment posée le VIA à des étudiants français en école de design. Les dix-neuf prototypes mis au point dans le cadre du projet seront exposés en mai à la Foire de Paris. Petit avant-goût.



Les observateurs de notre cadre de vie sont formels : "d’ici 2014, la cuisine sera devenue le véritable poumon de la maison". Une pièce dans laquelle petits et grands aimeront se retrouver non seulement pour préparer les repas mais également pour travailler, discuter ou recevoir. Une convivialité qui ouvre de nouvelles pistes de réflexions pour les designers et les industriels. Mobilier, équipements, électroménagers... Il va leur falloir trouver des solutions inédites et innovantes pour répondre à ces nouveaux besoins. Conscient du défi qui les attend, le VIA (Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement) en partenariat avec l'UNIFA (Union Nationale des Industries Françaises de l’ameublement) et l'Institut technologique FCBA (Fôret, Cellulose, Bois-Construction, Ameublement) vient de proposer à des étudiants en écoles de design de se livrer à un exercice prospectif sur ce thème.

Priorité à la modularité

La consigne ? "Imaginez la cuisine du futur". Courte mais complexe ! Après plusieurs mois de recherches et l’aide de dix industriels, 19 prototypes ont vu le jour. "Un véritable best of des cuisines de demain avec des propositions riches, pointues, intelligentes et ingénieuses", s’enthousiasme-t-on au VIA. Plusieurs projets partagent des thématiques communes comme par exemple celles l’environnement et le développement durable, celles de l’approvisionnement et du stockage, les nouveaux modes alimentaires ou encore l’autonomie à domicile.

En termes de conception, la modularité est une notion récurrente. Elle se retrouve notamment dans le projet "Cuisine Paysage" des étudiants de Ecole Nationale Supérieure de Céramique Industrielle de Limoges. Ces derniers ont pensé la cuisine comme un îlot à géométrie variable qui, grâce à un système de plateaux rétractables, s’adapte à de multiples activités. Plusieurs équipements ou accessoires innovants ont également été mis au point : un cube compact intégrant à la fois un four à micro-ondes et un réfrigérateur, des paniers de rangements qui passent directement du caddie de supermarché à la cuisine, un système permettant de recycler l’eau utilisée dans la cuisine pour alimenter les plantes, la salle de bains et les toilettes. Tous ces prototypes seront présentés en mai à la Foire de Paris. Une bonne occasion de trouver un éditeur.